02/03/2021

Mick Strauss - et cela ne fait que commencer

© Guillaume Kerjean

Mick Strauss

Mick Strauss est l’alter ego du très-secret-absent-des-réseaux-sociaux Franco-Américain, Arthur B. Gillette, croisé en tant que fondateur guitariste/claviériste du groupe Moriarty, co-compositeur et bassiste du collectif Astéréotypie ou compositeur pour le cinéma (Gabriel et la Montagne Cannes ou plus récemment Los Conductos) et le théâtre (Remi, Les Bonimenteurs avec Jonathan Capdevielle).

Il travaille à Hydrophone du 1er au 5 mars avec une équipe de choc : Jennifer Hutt (Will Oldham, Celebration, Wati Watia Zorey Band) aux cordes et claviers, Vincent Talpaert (Don Cavalli, Mustang, Theo Lawrence) à la basse, Rowen Berrou (Electric Bazar Cie, TisDass) à la batterie…

D’autre part, il profite de ce séjour lorientais pour tourner un clip dans un haut lieu du patrimoine du 20ème siècle : la Villa de la Marne.

Enfin, c’est aussi le point de départ d’une création avec des jeunes migrants âgés de 15 à 25 ans, accompagnés par la Sauvegarde 56, la Mission Locale et les Apprentis d’Auteuil.
La volonté est d’écrire une fiction d’anticipation musicale, à base de captation de sons dans plusieurs structures culturelles, sociales ou de loisirs de Lorient Agglomération. De fin mars à fin avril, Mick Strauss mènera des ateliers de composition et d’interprétation 2 après-midi par semaine avec les participants.


Mick Strauss - Southern Wave
l’album ...

Ça pourrait être un film. Ou un livre. Mais c’est un disque. Du genre qu’on aperçoit posé près de la platine dans une scène de film, le disque que l’héroïne écoute avant que sa vie ne bascule. Le chanteur est inconnu, Mick Strauss. La pochette intrigue et attire. L’estuaire d’un fleuve sur une planète lointaine ? Une route dans un rêve lysergique ? Une main qui demande qu’on l’attrape ?

Le mystère grandit : qui est Mick Strauss ? Au début de l’album, il chante comme une rock-star du début des années 70, un contemporain de Lou Reed et Neil Young avec aussi des inflexions de Bowie. Puis la basse se durcit, les guitares crissent, Mick stresse, il entre dans les années 80 par la zone industrielle, l’ère du post-punk, des rythmiques martiales et des synthés mélancoliques. Et à travers le bitume déchiré réapparaissent les racines du blues. Mick Strauss et sa guitare bivouaquaient au pied du Musée de l’histoire de rock, quand l’appel du Sud se fait entendre. Il reprend la route, en zigzags. Ça se passe comme ça, mais pas forcément dans cet ordre. Son album Southern Wave s’écoute comme un carnet de bord dont les pages se sont envolées et mélangées. On peut l’écouter en entier du début à la fin, ou y entrer par n’importe quelle chanson au hasard, se laisser séduire par ses étranges alliages musicaux, hypnotiser par ses histoires. C’est un disque de crossroad. Comme dans la légende de Robert Johnson qui, jadis, sur un carrefour dans les plaines du Mississippi, aurait vendu son âme au diable en échange du don de guitariste. Mais au crossroad de Mick Strauss, ce n’est pas le diable qui s’est présenté, c’est un extra-terrestre psychédélique tout droit sorti d’un roman de Philippe K. Dick, la sensation d’une autre
réalité. Les chansons de Mick Strauss semblent venues d’ailleurs, arrivées sur Terre par le Sud des Etats-Unis, sorties du swamp à la lueur de la pleine lune. La nuit est chaude et les sueurs froides. Ainsi commence l’errance curieuse de chansons où se rencontrent des styles musicaux, des personnages, des histoires, des émotions. On les écoute comme elles sont jouées : tous les sens en éveil.

Tout ça ne résout pas le mystère : mais qui est Mick Strauss ? Quelqu’un af firme l’avoir croisé lors de voyages en Amérique ou ailleurs, souvent et depuis longtemps. C’est Arthur B. Gillette, le guitariste de Moriarty. Il le décrit comme un dandy aux semelles de vent, inadapté social charismatique, malin et drôle, faux-monnayeur et myope. Ses chansons sont le récit de ses aventures ou des lettres envoyées à ses amis. Arthur Gillette n’en dira pas plus. Peut-être qu’il l’a pris pour un autre, ou qu’il a seulement rêvé de Mick Strauss.
Si c’est le cas, que personne ne le réveille : ça valait le coup d’inventer Mick Strauss. Southern Wave est le premier album solo de Arthur B. Gillette. Il l’a enregistré au studio Black Box avec Jennifer Hutt (violons, claviers, chant), Vincent Talpaert (basse) et Rowen Berrou (batterie) avec Vincent Taurelle à la production et au mix.

Infos


Une production mutualisée avec La Carène (Brest) et l’Association des Trans Musicales (Rennes).

En partenariat avec la Sauvegarde 56, la Mission Locale et les Apprentis d’Auteuil.

Calendrier :

1/03 > 5/03 : Résidence
5/03 : Tournage live
Fin mars à fin avril : Ateliers captation / composition / interprétation
22/04 : Restitution